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EXCLU – KEVIN CONSTANT :  » JE NE FERME AUCUNE PORTE, JE VEUX KIFFER !  » (onzemondial.com)

Malgré une folle rumeur concernant son état de santé, Kevin Constant est, en réalité, en pleine forme. Joueur polyvalent, l’international guinéen peut encore rendre de nombreux services. Aujourd’hui libre de tout contrat, l’ancien du Milan AC retrace son parcours et remet les pendules à l’heure.

Kevin, as-tu toujours voulu devenir footballeur professionnel ? 

J’ai eu envie de devenir footballeur professionnel à l’âge de 13-14 ans. À ce moment-là, je me suis rendu compte que j’avais la possibilité d’atteindre le haut niveau. Quand j’ai signé mon premier contrat aspirant au Téfécé, je me suis dit que je pouvais réaliser ce rêve.

Tu as rejoint Toulouse à 14 ans, où tu es resté jusqu’en 2008 avant de signer à Châteauroux. On peut dire que c’est là-bas que ta carrière s’est vraiment lancée ?

J’ai passé 7 ans à Toulouse, qui font partie des plus belles années de ma vie. Là-bas, j’ai compris que j’avais une chance de réaliser mon rêve. À Châteauroux, ma carrière s’est vraiment lancée, oui. J’avais besoin de jouer et ils m’ont donné ma chance. Je suis tombé sur de superbes personnes qui m’ont dirigé vers la bonne direction. Je leur dois beaucoup.

Les portes de l’Italie se sont ensuite ouvertes à toi. C’est le championnat qui t’attirait le plus ?

Honnêtement, le championnat qui m’a toujours attiré est la Premier League, le meilleur du monde. Quand le Chievo m’a approché, je n’ai pas hésité, je ne voulais pas brûler les étapes. Braga m’avait également approché, mais j’ai préféré rejoindre le Chievo Vérone pour continuer ma formation.

Tu arrives en prêt au Chievo Vérone où tu réalises une belle saison et en 2011, tu t’engages au Genoa, soit un an après.

Je fait 6 bons mois au Chievo Vérone. Le Milan AC devait me faire signer après ces six mois-là. Mais vu que j’avais joué deux matchs avec Châteauroux et des matchs avec Vérone, je ne pouvais pas m’engager avec un troisième club…  

« Pour moi, c’était un rêve ! Italie rime avec Milan AC »

« Pour moi, c’était un rêve ! Italie rime avec Milan AC »

+11Kevin Constant lors de son passage à l’AC MilanCredit Photo – Icon Sport

Tu signes très rapidement à l’AC Milan après une bonne saison. On peut parler d’une consécration ?

Je devais y signer lors du mercato estival. Mon agent de l’époque m’informe que si Seedorf part, je serai Rossoneri. Cela ne s’est pas fait, mais après une saison à Gênes, j’ai enfin rejoint le Milan AC. Pour moi, c’était un rêve ! Italie rime avec Milan AC. C’était une grande consécration, pas seulement pour le rêve, mais pour l’histoire du club et les joueurs qui évoluaient sous ce même maillot.

Que penses tu du nouveau Milan qui est en train de se dessiner ?

Cette saison, ce sera très difficile d’aller chercher la Juventus. Milan reste un grand club, même s’il a récemment connu des moments difficiles. Il y a eu du mouvement au sein du club. Berlusconi est parti, et c’est dur de rester sur le devant de la scène quand de tels changements interviennent. Mais je ne m’inquiète pas, je pense que dans les mois à venir, l’AC Milan va reprendre la place qui est la sienne.

San Siro sera détruit. Comment as-tu accueilli la nouvelle ?

Ça m’a fait mal, ça reste un stade mythique. Mais derrière, on sait qu’il y a un vrai projet, ils ont de grandes ambitions, il faut avancer. San Siro est un stade qui restera dans les mémoires même s’il n’existera bientôt plus.

Ça fait quoi d’évoluer aux côtés de Kaká et de Robinho ?

Pour être honnête, quand tu arrives là-bas, t’es surpris. T’arrives dans un vestiaire, il n’y a que des légendes. J’étais timide les premières semaines. Après, ils sont tellement simples, tellement humbles qu’ils te poussent vers le haut. Kaká arrivait le premier et c’était le dernier à partir. Humainement, c’est un modèle. C’était un honneur de jouer avec un joueur comme ça.

Tu étais proche Philippe Mexès, vous avez gardé le contact ? 

C’est comme un frère, c’est une personne que je kiffe ! Je ne reste pas ami avec beaucoup de joueurs en dehors du foot, mais lui, c’est la famille. On faisait tout ensemble, on a une très grande amitié. D’ailleurs, la semaine dernière on était ensemble. (rires)

Dernière question concernant ton passage au Milan où tu as laissé un bon souvenir aux supporters. Jouer contre Lionel Messi, ça te procurait quoi ?

J’étais vraiment fier de pouvoir affronter le meilleur joueur du monde, d’être face à lui sur le terrain. Mais d’un autre côté, je me disais « fais attention, ça va vite, tu peux finir sur Youtube » (rires). Après, dès que le match commençait, il n’y avait plus de Messi ou quoi, l’objectif était de bien défendre et de gagner la rencontre.

« J’ai même refait des examens pour être sûr que tout allait bien et que je pouvais continuer ma carrière. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun problème. »

 « J'ai même refait des examens pour être sûr que tout allait bien et que je pouvais continuer ma carrière. Aujourd'hui, il n'y a plus aucun problème. »

+11Kevin Constant à TrabzonsporCredit Photo – Icon Sport

J’imagine que tu étais derrière ta télé pour soutenir la Guinée face à l’Algérie. Qu’as-tu pensé de la rencontre ?

J’étais déçu, on a été éliminés par l’Algérie qui a gagné la compétition. Ça atténue quand même la douleur de se dire qu’on a perdu contre la meilleure équipe africaine actuelle. Les gars ont donné leur maximum et sont sortis la tête haute.

Des joueurs t’ont impressionné durant la CAN ? 

Adam Ounas ! Je l’avais déjà vu jouer lorsqu’il évoluait à Bordeaux. Mais là, à chaque fois qu’il entrait, il faisait la différence. Il a une grosse accélération et percute vraiment bien. Sinon, c’est le collectif algérien dans l’ensemble qui m’a impressionné au-delà des individualités.

Revenons-en à toi. Des rumeurs ont circulé concernant ta santé, tu peux nous assurer que tout va bien ?

Il y avait des rumeurs disant que j’avais une arythmie cardiaque. Ce problème devait m’inciter à arrêter. Mais tout ça est faux ! Enfin, j’ai eu une arythmie au mois de janvier, le mois suivant, je suis rentré en France justement pour réaliser des examens approfondis. Quand je suis revenu ici, je n’avais plus rien. Le docteur m’a dit que c’était sans doute dû au stress lié à ma vie personnelle. J’ai même refait des examens pour être sûr que tout allait bien et que je pouvais continuer ma carrière. Aujourd’hui il n’y a plus aucun problème.

Tu étais au Tractor Sazi en Iran lorsque cette rumeur a été lancée…

Oui, j’ai résilié mon contrat avec eux justement parce qu’ils ont fait tourner cette rumeur. Ils m’avaient offert un contrat qu’ils ne pouvaient pas honorer et pour pouvoir résilier mon contrat, ils ont fait circuler cette information. J’ai donc saisi directement la FIFA et fait tous les examens médicaux nécessaires pour prouver ma bonne condition.

Du coup, tu es libre. On pourra te revoir sur les terrains de Ligue 1 d’ici peu ?

Pourquoi pas ! Je suis à la recherche d’un projet sportif intéressant, j’ai déjà bien gagné ma vie Dieu merci. Je ne cherche pas à m’exiler dans les pays du Golfe ou quoi que ce soit. À partir du moment où c’est un projet intéressant et qui me fasse prendre du plaisir, alors pourquoi pas ! Je ne ferme aucune porte, que ce soit Ligue 1, Ligue 2, Angleterre… Je veux kiffer !

As-tu des regrets par rapport à ta carrière ?

Je suis quand même pas mal satisfait de la carrière. Après, concrètement oui, après l’AC Milan, d’autres aspects entraient en compte. Je ne suis pas né avec une cuillère en or dans la bouche. Cela m’a permis de mettre ma famille à l’abri, notamment en Turquie et je ne regrette absolument pas. Je savais que je ne pouvais pas être Ballon d’Or donc au moins je voulais qu’il y ait quelque chose de solide derrière. La notoriété, ce n’était pas ce que je recherchais, je voulais que demain, lorsque je me lève, je me dise que ma famille est à l’abri financièrement et que mes efforts ont payé.

Interview réalisée par par Youcef Ghalaza-Boudra

Source : http://www.onzemondial.com

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Mr SANO Abdoulaye

Chef du bureau GDF Guinée | Mr SANO est un analyste-sportif contribuant pour l'intérêt national. Tel : (00224) 621 10 44 42

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