IN MEMORIAM : Aux bons souvenirs du Doyen Pathé Diallo

Le 27 mars 2008, le Doyen Pathé Diallo nous quittait des suites de maladie. Une disparition qui a créé un immense vide au sein de la presse  sportive. Le défunt représentait tout un symbole et un modèle du genre pour la corporation.

Né le 27 juin 1934 à Mamou Kimbéli, il fréquenta successivement l’école primaire de Mamou, Dalaba, Dabola et Conakry. Après avoir bouclé son cycle primaire, feu Pathé Diallo sera admis à l’école de police de Kankan avant de poursuivre ses études dans un institut de Prague. Son contact avec le football date de la période coloniale, où il joua au Racing Club de Conakry sous le sobriquet de Raymond Kopa virevoltant milieu de terrain à cause de ses qualités de bijambiste. Membre de la fédération guinéenne de football durant plusieurs années, il fut membre fondateur de l’Union des journalistes sportifs africains, dont il sera le président pendant 18 ans.

Transfuge de la police nationale, ce commissaire principal a fini par embrasser la carrière de journaliste sportif à la faveur d’un banal concours de circonstances. En 1968 le match Guinée-Sénégal engendre de graves incidents entre les deux pays. Au pied levé Pathé Diallo est engagé au service des sports de la ‘’Voix de la Révolution’’ aux côtés de feu Boubacar Kanté. Il fera ses grands débuts aux JO de Mexico en 1968. Dans la foulée, il y aura la Coupe d’Afrique au Soudan avec le Syli national.

En cette semaine anniversaire de sa disparition pour évoquer son souvenir, l’on publiera quelques extraits de l’hommage appuyé que lui rendit le rédacteur en chef du site Kibarou.com. Citation ‘’ L’homme avait la voix rauque, comme si elle était enrouée. Mais que n’a-t-elle fait vibrer les stades, galvaniser les joueurs et enflammer les auditeurs. Elle a bercé des générations entières les guinéens par sa mélodie et la mystérieuse force qui s’y dégageait. Ses cordes vocales ont fait exploser de joie les supporters du stade du 28 septembre. Les guinéens ont intensément vécu, grâce à sa voix inimitable, ce qui se passait dans les stades de Surulere (Lagos), de Zamalek, d’Amadou Ahidjo, d’Ismaïla Stadium et de bien d’autres.

Proche ou lointaine, la magie de la technologie aidant, la rhétorique footballistique qu’il maîtrisait plus que quiconque, a réchauffé le cœur des guinéens longtemps refroidi par la dictature d’une certaine époque. Aidé en cela par d’autres figures, qu’il vient hélas de rejoindre : Kabinè Kouyaté, l’enfant de Kimbéli et Aboubacar Kanté, Pathé savait maintenir l’haleine de tout un peuple. Qui ne se souvient des commentaires en duo, parfois en en trio de Kabinè Kouyaté, Aboubacar Kanté, Gaoussou Diaby et Pathé Diallo ? Alignez- les et formez le duo que vous voudrez, le résultat est le même ! De la voix, du tonus, de la Maîtrise et de la gaieté. Tout cela, pour le bonheur des supporters et d’un peuple à une époque où le football était l’une des rares activités permises en Guinée.’’ Fin de citation.

Idoles de beaucoup de jeunes journalistes, Pathé Diallo était un modèle du genre. Je le revois encore le 2 juillet 2005 dans la salle de conférence de la fédération guinéenne de football à l’occasion de la Journée internationale de la presse sportive. La presse sportive était conviée à suivre une communication sur l’histoire de la presse sportive nationale. Ce jour-là, Pathé Diallo déclara ‘’ Mongo Diallo et Alhassane N’Diaye ont prouvé que les Africains pouvaient faire des reportages comme les expatriés. Nous avons appris le métier sur le tas avec les Tchèques, qui ont animé des séminaires à Conakry. Il faut se remettre régulièrement en cause, et accepter d’approcher les aînés qui ont de l’expérience à partager’’. Des conseils encore d’actualité !

Le cas de Pathé Diallo est illustratif du paradoxe guinéen. Le Doyen est décédé avec un grand regret. En dépit des immenses services rendus au pays, depuis l’indépendance Pathé Diallo n’a jamais été décoré. Un an avant sa disparition, il se confiait en ces termes à un magazine de la place : ‘’ j’ai promené ma bosse aux quatre coins de la planète. J’ai serré la main aux Grands de ce monde, la Confédération africaine de football m’a distingué et honoré, mais mon pays ne m’ jamais reconnu un mérite. C’est bien dommage ! C’est mon plus grand regret !’’

Thierno Saïdou Diakité pour JMI

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